Une Affaire de famille **

Hirokazu Kore-eda

L'histoire

Au retour d’une nouvelle expédition de vol à l’étalage, Osamu et son fils recueillent dans la rue une petite fille qui semble livrée à elle-même. D’abord réticente à l’idée d’abriter l’enfant pour la nuit, la femme d’Osamu accepte de s’occuper d’elle lorsqu‘elle comprend que ses parents la maltraitent. En dépit de leur pauvreté, survivant de petites rapines qui complètent leurs maigres salaires, les membres de cette famille semblent vivre heureux...

Avec

Lily Franky, Sakura Andô, Mayu Matsuoka, Kiki Kirin, Kairi Jyo, Miyu Sasaki

Sorti

le 12 décembre 2018


La fiche allociné

 

 

La critique d'al 1

Chaleur humaine non consensuelle

 

Qu'est-ce qu'une famille ? Des liens naturels, mais imposés par la filiation ? Des relations tissées en dehors de toutes conventions ? Une douce prison rassurante ? Un enfer fait de rancœurs et d'incompréhensions ? Le film donne une sorte de réponse, qui ne satisfera pas tout le monde, et c'est tant mieux. Il n'est pas consensuel, et même s'il est plein de chaleur humaine, il n'a rien de mièvre ou d'attendu sur ce type de sujet. Dans la même veine que Tel père, tel fils, il aborde un sujet plutôt surprenant et pratiquement inconnu en dehors du Japon : la misère sociale dans ce pays, ou comment, là où le travail et la réussite sont des valeurs partagées par, le croit-on, la très grande majorité de ses habitants, des exclus résistent et font de la débrouille illégale un mode de vie. Une scène toute simple montre l'ensemble des personnages sur le pas de leur porte, écoutant les feux d'artifice au loin et s'en délectant : plus que la splendeur supposée du spectacle des illuminations, c'est bien la richesse de leurs relations qui leur donne du bonheur, à cet instant, et c'est, il faut bien le dire, très simplement émouvant, voire bouleversant. On pourrait craindre un éloge un peu béat des valeurs de partage et d'attention des uns envers les autres, doublé d'une critique acerbe de la réussite sociale, le film ne se résume absolument pas à cette dichotomie. Il a d'abord une structure en forme d'histoire à tiroirs, révélant peu à peu et avec un certain sens du suspense la teneur des rapports entre les différents personnages. Filmé simplement, sans effets, mais privilégiant la qualité de la lumière, des silences, avec une mise en scène entièrement dévouée à l'histoire, il fourmille de petits détails, de micro-surprises, de petits bonheurs, et agit comme un baume apaisant sur le spectateur, malgré la dureté de certaines situations.
Une très belle palme d'or, pas tout à fait politiquement correcte.

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