En 2000 a eu lieu en Bolivie la
mythique guerre de l’eau : après une tentative de privatisation
du service de l’eau, des manifestations d’une rare intensité
(avec barricades et affrontements) font plier les autorités
: la distribution d’eau repasse dans le domaine public. Le scénario
(écrit par Paul Laverty, scénariste attitré de
Ken Loach) se sert de ces faits réels pour raconter le tournage
chaotique d’un film d’époque, montrant l’invasion
du "nouveau monde" par Colomb et ses soldats. Trois récits
se retrouvent donc entremêlés, ceux de la guerre de l’eau
et de la colonisation espagnole, basés sur des réalités
avérées, et celui du tournage, entièrement fictif.
Ce mélange peut être gênant pour qui est soucieux
d’une retranscription parfaitement exacte des faits historiques.
La clarté du déroulement est assez étonnante,
on est pris par les trois histoires, par le tourbillon incessant et
croissant, par la passion, l’énergie des personnages
ainsi que leurs contradictions, par la façon dont se répondent
les différents évènements…
Au fil de la projection, il vient tout de même quelques réserves
qui empêchent de complètement adhérer au film
: la virtuosité du montage, les parallèles parfois un
peu lourds entre les différents récits et l’aspect
finalement américain de l’ensemble, plein de bons sentiments,
font qu’il y a comme un manque de mystère, tout est maîtrisé,
bien à sa place, même la démesure…