Girl **

Lukas Dhont

L'histoire

Lara, 15 ans, rêve de devenir danseuse étoile. Avec le soutien de son père, elle se lance à corps perdu dans cette quête d’absolu. Mais ce corps ne se plie pas si facilement à la discipline que lui impose Lara, car celle-ci est née garçon.

Avec

Victor Polster, Arieh Worthalter, Oliver Bodart, Tijman Govaerts

Sorti

le 10 octobre 2018


La fiche allociné

 

 

La critique d'al 1

La douceur et la douleur

 

De la douceur à la douleur, il n'y a qu'un échange de lettre, un pas de danse, et tout un cheminement, qui est ici celui d'un(e) adolescent(e) né(e) dans un corps de garçon et qui choisit de s'engager dans deux séries d'épreuves en parallèle, se télescopant sans cesse…
Lara fait de la danse classique et veut en faire un métier, son apprentissage est un formatage, celui du corps comme de l'esprit, entre la grâce apparente des mouvements répétés à l'infini, la solidarité et la bienveillance des autres élèves, et puis les blessures physiques pour s'habituer aux pointes, les blessures morales parce que la bienveillance affichée trouve un jour ses limites.
Lara veut devenir une femme à part entière, subit un traitement hormonal en attendant l'opération qui transformera son pénis en vagin, et avec ça, les amours comment les vit-on ? Comment est-ce possible de naviguer entre les paroles des proches et des médecins, compréhensives, infiniment aimantes et pourtant contradictoires ? Comment traverse-t-on cette période de la vie avec tant d'épreuves ? Déjà, l'adolescence n'est pas un cadeau pour tout le monde, avec toute la complexité de passer d'un monde à l'autre, mais pour Lara, la bascule est un séisme, et même accompagnée avec une grande tendresse par sa famille et avec délicatesse par le corps médical, la douleur est immense.
Le film fait sentir cela, le doux et le dur, la caresse de l'image, la volupté des silences (oh, que cela fait du bien, cette atmosphère sonore aérienne qui ose le calme, sans musique rajoutée ou presque, seulement celle des ballets), mais aussi les plaies au bout des pieds, les regards désespérés, la volonté affolante de l'adolescent(e) pour affronter les attentes, les siennes et celles des autres. Personne n'en sort indemne, à commencer par Lara, mais aussi sans doute son interprète (le tout jeune danseur qui joue Lara est stupéfiant, c'est probablement le rôle de sa vie…), et le spectateur également. Sans aucun effet larmoyant, sans pathos, le film est bouleversant.

 

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