Beaucoup d’élégance
dans ce film qui suit une lycéenne presque trop délicieuse
pour être vraie. Jolie, intelligente, pleine de répartie,
incroyablement raisonnée pour ses seize ans…
La relation qui s’instaure entre cette jeune fille et un trentenaire
séduisant est plutôt étonnante dans le cinéma
actuel, et même s’il s’agit d’une autre époque
(les années 60, autres mœurs ?), on flirte avec le détournement
de mineure… Mais en réalité, là n’est
pas exactement le sujet. La jeune Jenny, jouée avec grâce
et beaucoup de naturel et de fraîcheur par Carey Mulligan, est
de toutes les scènes et son parcours, ses interrogations, ses
doutes, ont un caractère universel. Entre le plaisir, la vie
facile d’une part et la raison, l’effort au travail d’autre
part, l’alternative peut être toujours d’actualité,
dans tous les milieux sociaux, et beaucoup de jeunes pourront donc
s’y retrouver. Le mérite du film est de poser la question
de façon intelligente tout en donnant beaucoup de plaisir au
spectateur en soignant la photo, la musique, les décors et
les costumes. La fin, un peu moraliste, tempère ce plaisir,
mais il est vrai qu’il n’était sans doute pas possible
de rester sur des ambiguïtés, ou de laisser penser que
les "mauvais" choix sont plus jouissifs…