Chronique d'une enfance rêvée,
Belfast navigue entre une réalité fantasmée
et une description des prémices du conflit nord irlandais
vu de l'intérieur, sans prise de position politique ou religieuse.
Le petit garçon, Kenneth Branagh lui-même on l'imagine,
est évidemment très mignon, charmant mélange
d'innocence et d'effronterie polie. Sa mère est un rêve,
belle et compréhensive mais tenant la baraque avec courage
et douceur, puisque son mari est souvent absent. La ville se résume
à une rue, qui ressemble terriblement à un décor
de cinema. Tout le film est ainsi, fabriqué comme des souvenirs
recomposés et sublimés, dans un noir et blanc très
propre, admirablement éclairé. Cela peut passer, mais
cela peut aussi créer un léger ennui, parce qu'un
peu trop loin du réel.