120 battements par minute

Robin Campillo

L'histoire

Début des années 90. Alors que le sida tue depuis près de dix ans, les militants d'Act Up-Paris multiplient les actions pour lutter contre l'indifférence générale.
Nouveau venu dans le groupe, Nathan va être bouleversé par la radicalité de Sean.


Avec

Nahuel Perez Biscayart, Arnaud Valois, Adèle Haenel, Antoine Reinartz, Felix Maritaud, Mehdi Touré, Aloïse Sauvage, Simon Bourgade

Sorti

le 23 août 2017


La fiche allociné

 

 

La critique d'al 1

D'utilité publique

 

Le film a le mérite de revenir sur une période trouble, politiquement, socialement : la découverte de l'épidémie de Sida et l'essor de l'association Act up. Pour ce volet du scénario, les différents épisodes semblent fort bien documentés et montrent que la lutte contre le Sida menée par cette association est une véritable guerre. Une des dernières scènes peut faire penser à bon nombre de films de résistance, lorsque tous les combattants se retrouvent au chevet de l'un des leurs. Impressionnante de dignité, jouant sur la répétition des arrivées de chacun, visages graves, accolades, pleurs étouffés, on a peut-être déjà vu cela des dizaines de fois, il n'empêche, il y a là une démonstration de l'incroyable force de la solidarité. Auparavant, le récit a eu l'intelligence de ne pas faire d'Act up un modèle d'intégrité et d'intelligence. Ce sont des hommes et des femmes (plus d'hommes que de femmes, tout de même) qui s'engueulent parce qu'ils ne sont pas d'accord sur la nature des actions à mener, ce sont des hommes et des femmes qui réfléchissent, échangent, souffrent, rigolent, moitié héros du quotidien, moitié humains comme tout un chacun, avec leurs lâchetés et leurs bravoures. Tous les acteurs qui jouent ces hommes et ces femmes y sont formidables de naturel, Nahuel Perez Biscayart en tête, crevant l'écran.
L'autre partie du récit raconte l'amour entre deux membres d'Act up, se voulant magnifique et tragique. Pour ce qui est de la tragédie, on est servi, jusqu'au pathos. Pour la magnificence, c'est une passion qui semble plus d'ordre sexuel qu'autre chose et il faut avouer qu'à la longue, les scènes de baise plutôt explicites finissent par lasser. Tout le film d'ailleurs aurait mérité une durée un peu moins importante, les scènes de boîte de nuit, de rêveries et de virus, même si elles sont probablement nécessaires pour reprendre sa respiration, donnent une drôle de sensation, comme si le film voulait avoir un aspect décoratif qui ferait avaler le reste avec moins de douleurs au ventre.
Certainement un film utile, sans doute indispensable pour évoquer ce qu'est une maladie qui touche surtout des minorités et qui donc est ignorée par les autorités, politiques ou médicales.

 

Vos commentaires pour ce film

Sortie de ciné. Un choc. A ce point-là, ça fait longtemps. Très.
Ce film est ciselé comme un diamant. Les émotions se succèdent avec intensité et justesse : douleur, passion, colère, dignité, courage, désespoir, dérision …. C’est subtil, puissant, intelligent, sensible.
Il y est question de la vie et de la mort, omniprésentes tout le temps, comme les deux faces d’une même pièce qui tournoie dans l’air.
Il y est question de politique, d’engagements, de combats. Sans caricature. La lutte d’Act Up dans les années 90 est au centre du film évidemment. Mais au travers de celle-ci, d’autres combats apparaissent, d’autres fractures.
Il y question d’amour. D’amour et de sexe ; entremêlés. Ou pas.
Il y est question de communauté, de collectif, de couples, de solitudes.
Il y est question d’urgence. De vivre, de se battre.
Le film montre tout : le sexe, la maladie, la rage, la mort. Il est trash et en même temps parfaitement maitrisé dans ses formes, son rythme, son esthétique.
Les acteurs sont parfaits, tout en force et en nuance. Mention particulière pour Nahuel Pérez Biscayart …
Suis sonné.


Thierry D.le 29 août 2017

 

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